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Dédicaces Shonen
Manga

Interview de Shonen, créateur de Outlaw Player

23 octobre 2021, le scénariste et dessinateur du manga Outlaw Player, est présent à la boutique “Bulles de Salon” pour donner quelques dédicaces à ses fans. Nous avons rencontré Shonen :
A la fin de cette interview, découvrez un live drawing de l’auteur.

1) Peux-tu nous parler de ton parcours ?

C’est un hasard, je m’étais déjà intéressé au manga pendant mon service militaire où je cherchais un hobby et j’ai commencé le dessin pour m’occuper. Avec le temps, le dessin m’a de plus en plus passionné mais à l’origine, je voulais plus devenir concept artist dans le jeu vidéo.
En 2006, le directeur des “Humanoïdes Collection” est venu voir mon travail lors de la Japan Expo, il m’a demandé si je savais faire des mangas ?

Dédicaces Shonen

À ce moment-là, j’ai dit non, car tout ce que je faisais était avec un ordinateur et non avec le matériel classique d’un mangaka. Finalement, j’ai accepté ce job par défi et pour m’obliger à apprendre à faire de l’encrage. Je souhaitais aussi devenir plus polyvalent, le dessin m’intéressait plus que de faire du manga et je voulais m’améliorer. 15 ans plus tard, c’est devenu maintenant une vocation plutôt qu’un simple défi ou hobby.

2) Comment t’est venu le goût du dessin et plus particulièrement, le style manga ?

Quand j’ai commencé à dessiner, j’avais déjà 22 ans et beaucoup de retard par rapport à d’autres personnes. J’ai toujours été attiré par le style manga qui est pour moi, le plus synonyme de diversité. Avec du manga, on peut raconter tout type d’histoire contrairement aux comics où vous êtes limité à un style précis.
En fait, dans le manga, il y a des codes, mais en termes d’histoire, on peut faire ce que l’on veut. Un style de narration totalement versatile.

3) Quels ont été les titres de manga, de jeux vidéo et d’animés qui t’ont le plus influencé ?

Il y aurait beaucoup de choses à dire et je vais me limiter aux mangas. Enfet et Paradis
Mon influence principale c’est Oh! Great (Enfer et Paradis, Air Gear…) et plus récemment, Bakemonogatari.
En matière de dynamisme et de pauses, je dirais que j’aime beaucoup ce que fait Shirow Miwa par exemple pour Dogs.
Et dans le détail des traits, c’est Akihito Tsukushi pour Made in Abyss. Je l’ai même rencontré lors d’un Comiket et j’aime beaucoup ce qu’il fait au niveau des détails et des décors. Mon inspiration dans le détail vient de lui.
Quand j’étais petit, je jouais beaucoup au RPG de la Super Nintendo. Ce qui est contradictoire avec Outlaw Players, c’est que je n’ai presque pas toucher à des MMO. C’est pour ça que le mécanisme de l’histoire est plus basé sur du RPG surtout FF7, les personnages dans ce jeu ont toujours eu une histoire propre, leurs axes, leurs histoires, on apprend à tous les connaître et à s’attacher.

4) Quelle a été la genèse du projet Outlaw Players ?

À l’origine, c’était un webcomic auquel j’ai réfléchi au début des années 2000.
Mais c’est surtout la diffusion en 2002 de la série .Hack//Sign qui m’a vraiment poussé à le mettre en ligne. Au début, je voulais m’inspirer de mes propres déboires quand je jouais à des RPG et quand j’ai vu cette série, mon inspiration est venue.

Contrairement à ce que beaucoup pensent aujourd’hui, comme que ma série ressemble à Sword Art Online, mais je leur dis que non. Déjà, elle fut initiée avant, et le concept ressemble plus à .Hack//Sign que SAO. Dans .Hack//Sign, une personne était coincée dans le jeu et considérée comme une anomalie à côté de ceux qui jouaient normalement. Dans Outlaw Players, c’est juste que ça arrive à plusieurs joueurs. Le monde et les autres joueurs continuent d’évoluer de leur côté et là, nous avons les protagonistes complètement coincés et qui ne savent pas comment survivre.

Hack//Sign.Hack//Sign avec le côté jeu vidéo et les mondes alternatifs des “Isekai”, ça existait déjà avant (Escaflowne) même si on ne les appelaient pas ainsi.

5) Quelles sont les étapes pour réaliser un tome ?

En terme de travail, je ne suis clairement pas au niveau d’un chapitre par semaine, je suis plus dans un rythme mensuel (un chapitre fait une trentaine de pages).
Un tome me prend en moyenne 6 mois. Au mieux de ma forme, je fais 2 volumes dans l’année mais contrairement aux mangakas japonais, je suis seul. Mais d’un autre côté, on vit mieux, avec plus de temps et moins de pression.

Tomes Outlaw Players

6) Quel est ton secret pour obtenir un tel niveau de détails dans tes dessins ?

C’est essentiellement la façon dont on a été inspiré. Je me suis inspiré de Akihito Tsukushi au début des années 2000.
Dès le début de mon apprentissage, j’étais déjà attiré par le détail et comme je voulais devenir un concept artist, c’est ce qu’il y avait de mieux. Mais je dirais, il n’y a pas vraiment de secret, il faut être consciencieux et patient dans son travail.
Après il y a une technique, j’essaie de raisonner comme une équipe en étant seul.

Extrait Outlaw PlayerDans un manga classique, l’auteur se charge essentiellement d’écrire le storyboard et d’encrer les personnages principaux ou au minimum les visages pour marquer sa patte. Pour le reste, le décor, les visages ou le corps, ce sont les assistants qui peuvent le faire ainsi que les trames.
De mon côté, j’ai adopté une technique de travail pour la rendre homogène. Je fais 3 passages où je raisonne comme une équipe :

  1. Comme le mangaka, je fais le storyboard, l’encrage des personnages et je fais ce qui est important.
  2. Je fais le travail des assistants, je finalise les planches, j’affine les décors et je termine les personnages.
  3. S’il me reste du temps avant de rendre le chapitre, c’est là que j’affine les détails. Pour le coup, c’est vraiment du peaufinage.

Le tout est de rendre le chapitre homogène en fonction du temps et que toutes les pages soient de même qualité.

7) Comment arrives-tu à concilier les codes du manga avec les références à la française et la pop culture ?

J’essaye d’être subtil en plaçant diverses références de la pop culture de différentes époques pour faire sourire le lecteur. Les références viennent comme ça et j’essaie surtout de ne pas pénaliser le lecteur s’il n’en repère pas une et qu’il puisse toujours apprécier la lecture. Ces quelques références sont comme un bonus pour ceux qui les trouveront.

8) Outlaw Players aujourd’hui et Shonen demain, quels sont tes futurs projets ?

Déjà je vais finir Outlaw Players. Puis j’aimerais reprendre BB Project qui me tient à cœur et sûrement avoir des idées d’ici là. En parallèle, je bosse déjà sur des petits projets avec des amis.BB Project

9) As-tu déjà imaginé la fin d’Outlaw Player ?

Oui, la fin a été prévue dès le début avec mon éditeur et c’est ce qui l’a rassuré, il savait déjà où j’allais. Et quand il m’a demandé combien de volumes je voulais faire, je lui ai répondu “Un petit peu plus d’une 20aine si c’est possible”.
J’en ai encore pour à peu près 5 ans.

10) Un mot de la fin ou conseil pour les personnes voulant suivre tes traces ?

J’incite les gens à ne pas le faire, c’est un métier vraiment difficile et il faut de la volonté à toute épreuve !
Mais la personne qui travaille dur et avec de la volonté, il n’y a pas de raison qu’elle ne tente pas sa chance. On a tous une chance, mais on sait très bien que tout le monde n’y arrivera pas non plus.
Mais les personnes qui travailleront et qui auront du mérite, il n’y a pas de raison qu’elles ne réussissent pas.

En bonus, un live drawing de Shonen

Shonen, l'auteur de Outlaw Player - Live Drawing !

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Hello, moi c'est Arnaud alias Nonotraz. Passionné de mangas et d'animés depuis les années 90. Geek à mes heures et cinéphile